Le Cubain Alejandro Rodriguez Sardinas est né il y a 27 ans dans un village de la province de Madanza. C'est à la Havane qu'il a passé son enfance.
Très tôt, il est sensibilisé à la peinture et, dès l'âge de sept ans, il décroche son premier prix artistiqueà la Casa de Cultura. "Ce qui m'a attiré d'abord dans l'art, c'est la façon de vivre
des artistes, leur côté saltimbanque", commente-t-il.
Ses quatre années d'étude à l'école de beaux-arts de San Alejandro en ont fait un peintre reconnu. Il est l'un des plus illustres représentants du mouvement du réalisme gestuel.
A la Havane, où il se partage entre le marché de la vieille ville et une galerie réputée, ses clients sont américains, italiens, français ou espagnols. Son travail est particulier et tranche avec
celui de tous les autres peintres de la Havane. Il a besoin de voir autre chose, parce qu'il risque de tourner en rond, de tomber dans les stéréotypes.
Le mouvement qu'il représente, le réalisme gestuel, est un art où se mêlent couleurs et composition. "Je ne prétends pas saisir le paysage d'un point de vue photographique, explique-t-il, mais à
partir de ses sentiments et de ses émontions."
Son intention première est d'amener le spectateur à intérioriser son concept de paysage. Une invitation à entrer dans l'atmosphère du tableau. "L'absence d'horizon correspond à un besoin
d'expension, de rejet des limites, d'infini."
Alejandro Rodriguez Sardinas ne recherche rien spécifiquement, mais il aime réunir différents éléments sans affecter leur composition générale, tout en satisfaisant son désir d'évension.
"Immortaliser"
Son partenaire, le temps d'une exposition, est Arnaud Alexis. Ce natif de Cayenne se présente comme un artiste autodidacte. Lui n'a jamais fait les beaux-arts. parce qu'il n'avait pas les moyens.
"J'ai choisi de peindre les maisons créoles, parce que je trouve que l'on devrait les immortaliser"
C'est avec de la peinture à l'huile et de l'acrylique qu'il compose ses tableaux. Une matière plus vive, qui lui permet de faire des retouches, contrairement à la plupart des peintures qu'il
avait essayées auparavant et qui ne répondaient à aucune des impressions qu'il souhaitait rendre.
"Je veux montrer que les Guyanais s'intéressent à leur culture, et je veux que l'on s'intéresse à la Guyane", déclare l'artiste. Alexis Arnaud veut faire voyager l'art guyanais à travers le
monde, pour donner une autre image du département. "C'est d'après les photos de maisons créoles que je travaille, explique-t-il. J'essaye de redonner le même aspect en les reproduisant."
Alexis Arnaud expose treize tableaux, à la maison du Parc. Désireux d'échanger son expérience avec celle d'autres artistes, Alexis Arnaud a déjà prévu un rendez-vous avec Abel Adonaï, en
décembre, à Rémire-Montjoly. Ce sera sur le thème de "la femme à l'état pur".
Louisette Marmot